Cosmicologie

Des humains vivront sur la Lune d’ici 2030

Une présence permanente de l’Homme sur la Lune pourrait même être établie d’ici la fin de la décennie selon la NASA.

Depuis le 16 novembre, le vaisseau spatial Orion se dirige vers la Lune. Tout premier jalon du programme Artemis, qui comporte trois phases, ce vol de reconnaissance autour de notre satellite naturel sert essentiellement à valider le fonctionnement du lanceur SLS et des systèmes du vaisseau. Si la mission se déroule sans encombre, un équipage pourrait poser le pied sur la Lune dès 2025. Une présence permanente de l’Homme sur la Lune pourrait même être établie d’ici la fin de la décennie, selon Howard Hu, qui dirige le programme Orion.

Actuellement à un peu moins de 46 500 km de notre satellite naturel, le vaisseau Orion s’apprête à activer ses propulseurs pour bénéficier de son attraction gravitationnelle. Il survolera la Lune pendant quelques jours avant d’entamer son trajet de retour sur Terre ; l’atterrissage est prévu pour le 11 décembre. Si tout se passe comme prévu, une mission similaire (Artemis II), mais avec équipage, sera lancée en 2024.

Enfin, Artemis III, prévue pour 2025, devra déposer deux astronautes sur la Lune en 2025 — marquant ainsi le premier retour de l’Homme sur la Lune depuis la mission Apollo 17, en 1972.


La réussite de cette première mission est fondamentale pour la suite des opérations. « C’est le premier pas que nous faisons vers l’exploration à long terme de l’espace lointain, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour le monde entier », a déclaré à la BBC Howard Hu, qui dirige le programme de vaisseau spatial lunaire Orion pour la NASA.

Insertion en orbite lunaire imminente

Pour le moment, les performances du vaisseau dépassent les attentes, selon Mike Sarafin, responsable de la mission Artemis 1. Les quatre panneaux solaires du vaisseau se sont déployés correctement et « fournissent davantage d’énergie » qu’attendu.

Orion se rapprochera à seulement 130 kilomètres de la surface lunaire, avant d’entamer son chemin vers une « orbite rétrograde lointaine ». L’orbite est dite « distante » dans le sens où elle se trouve à une altitude élevée par rapport à la surface de la Lune (à environ 64 000 km), et elle est « rétrograde » parce qu’Orion se déplacera autour de la Lune dans le sens inverse de celui dans lequel cette dernière se déplace autour de la Terre. Cette orbite est particulièrement stable et nécessite un minimum de carburant.

Une base lunaire comme tremplin vers Mars

L’une des phases les plus critiques de cette mission Artemis I est de ramener le module Orion sur Terre en toute sécurité. L’entrée dans l’atmosphère, prévue pour le 11 décembre, s’effectuera à 38 000 km/h — soit 32 fois la vitesse du son — et le bouclier thermique qui protège le module sera soumis à des températures avoisinant les 3000 °C ! Ralenti par des parachutes, Orion devrait finir sa course dans l’océan Pacifique, au large des côtes californiennes.

Il est évidemment crucial que le retour sur Terre se déroule sans encombre pour pouvoir programmer les deux missions suivantes, qui seront habitées — la plus attendue étant Artemis III, qui doit mener deux astronautes sur la Lune pour un séjour d’une durée de six jours et demi.

Une fois que l’ensemble des composants et des systèmes du programme Artemis auront été testés et approuvés, Howard Hu a déclaré que l’objectif était de faire vivre des humains sur la Lune au cours de cette décennie.


« Les missions Artemis nous permettent d’avoir une plateforme et un système de transport durables qui nous permettent d’apprendre à fonctionner dans cet environnement de l’espace profond », souligne Hu.

Après Artemis III, la NASA prévoit d’organiser une mission chaque année pour établir une base sur le pôle Sud lunaire, dédiée à la recherche scientifique, ainsi qu’une station spatiale en orbite autour de la Lune, la Lunar Gateway.

Les futurs résidents bénéficieront d’habitats lunaires et de rovers pour mener à bien leur mission. L’un des principaux objectifs est de découvrir s’il y a de l’eau au pôle Sud, car cette eau pourrait être convertie en carburant pour des vaisseaux souhaitant se rendre encore plus loin dans l’espace, en particulier vers Mars.

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