Conscience

Les bilingues qui utilisent un deuxième alphabet ont un cerveau multidimensionnel

Le bilinguisme confère divers avantages au niveau social et en matière de santé mentale. Mais connaître un deuxième alphabet confère bien plus encore.

De nouvelles recherches suggèrent que le cerveau d’une personne bilingue qui connaît deux alphabets est différent de celui d’une personne bilingue qui ne connaît qu’un alphabet. Les différences se produisent dans une région appelée la zone de forme visuelle des mots (visual word form area – VWFA).

L’anglais et le français sont des langues différentes qui utilisent le même alphabet, mais le chinois, l’hébreu, l’arabe ou le russe, utilisent un alphabet entièrement différent.

De nouvelles recherches suggèrent que le cerveau d’une personne bilingue qui connaît deux alphabets est différent de celui d’une personne bilingue qui ne connaît qu’un seul alphabet. La recherche, qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, a été publiée sur le serveur de préimpression BioRxiv.


Zone de forme de mot visuel

Lorsque nous apprenons à lire, une petite région du cortex cérébral devient très sensible aux lettres et aux mots de l’écriture. Cette région se situe dans un patchwork de régions, chacune spécialisée pour reconnaître une catégorie spécifique de stimuli visuels, tels que des visages ou des objets, en fonction de leurs caractéristiques géométriques.

Connue sous le nom de zone de forme visuelle des mots (visual word form area – VWFA), cette région se trouve au même endroit dans le cerveau chez les lecteurs de toutes les langues. Elle est également organisée de manière hiérarchique, sa sensibilité augmentant de l’arrière du cerveau vers l’avant, elle répond particulièrement aux chaînes de lettres qui correspondent à de vrais mots.

Minye Zhan de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay et ses collègues ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle à haute résolution (fMRI) pour examiner l’organisation de la  zone de forme visuelle des mots (VWFA) chez 31 lecteurs bilingues. Parmi ces volontaires, 21 lisaient l’anglais et le français, qui utilisent tous deux l’alphabet latin ; les 10 autres lisent l’anglais et le chinois, ce dernier étant une écriture « logographique » dans laquelle des caractères individuels représentent des mots.

Dans une expérience, Zhan et ses collègues ont scanné le cerveau des lecteurs bilingues anglais-français pendant qu’ils regardaient des mots anglais ou français, des chiffres arabes, des chaînes de six lettres sans signification et divers objets. Comme indiqué précédemment, ils ont observé une activation hiérarchique de la VWFA, le front de la région étant sensible aux vrais mots mais pas aux chaînes de lettres absurdes. Il n’y avait pas de différences constantes entre les deux langues.

Une deuxième expérience avec des lecteurs bilingues anglais-chinois a été conçue de manière très similaire à la première, sauf que les mots français ont été remplacés par des caractères chinois ainsi que des caractères non-sens dérivés de ceux-ci. Cela a également révélé une activation hiérarchique, le front de la VWFA étant sélectif pour les vrais mots.


Cette fois, cependant, ils ont également observé de petites parcelles de cortex spécialisées pour les mots chinois. Ces patchs ont été sélectivement activés par de vrais mots chinois mais pas par de vrais mots anglais. (Ils ont observé quelques petits correctifs spécifiques aux mots anglais, mais ils étaient moins nombreux et leur spécificité était plus faible que les correctifs spécifiques au chinois.)

Impact de l’alphabet sur le cerveau

Ces « patchs de mots » spécialisés se sont avérés présents dans les deux hémisphères, au bas de la jonction entre les lobes occipitaux et temporaux. Chez la plupart des participants, ils se sont avérés plus nombreux et plus gros dans l’hémisphère gauche.

Surtout, certains des patchs de mots étaient très sélectifs pour les mots chinois. Ces patchs chevauchaient souvent, ou étaient physiquement très proches, des amas de cellules qui étaient sélectivement activés par les visages. Les chercheurs suggèrent que les caractères chinois, comme les visages, peuvent nécessiter un traitement holistique et ainsi augmenter la capacité d’attention.

La théorie holistique du fonctionnement cérébral consiste à penser que le cerveau fonctionne comme un tout, et l’attention peut être définie comme la capacité à sélectionner et à se concentrer sur des stimuli plus importants.

L’apprentissage des langues

Après un certain niveau d’expérience en matière d’apprentissage des langues, on découvre rapidement que les langues sont comme un paysage social. Sauf qu’au lieu d’amis interconnectés, nous obtenons des mots interconnectés. Selon de nombreuses études scientifiques, cet apprentissage pourrait augmenter la taille de notre cerveau car une personne qui apprend à différencier des sons inconnus jusqu’alors lui permet de créer une nouvelle zone dans ses cerveau. Et l’idée est qu’en créant ces nouvelles zones, notre cerveau s’agrandit !

L’apprentissage d’une langue étrangère peut :

  • Diminuer le risque de développer la maladie d’Alzheimer
  • Diminuer le risque de démence
  • Améliorer la créativité
  • Améliorer les capacités cognitives
  • Augmenter la taille du cerveau

Toutefois, la lecture d’un alphabet différent active des zones supplémentaires du cerveau.


La lecture développe une interface, une connexion entre la vision et les aires cérébrales du langage parlé.

« Dans une étude en sciences cognitives, il a été constaté que l’apprentissage du russe, de l’arabe et de l’hébreu en cours intensifs, pouvait être comparé à l’étude de la médecine. »

Le problème de l’attention au 21e siècle

L’attention de l’humain est devenue inférieure à celle du poisson rouge ! Un poisson rouge est capable de focaliser son attention durant 9 secondes. Aujourd’hui, l’attention d’un humain moyen ne dépasse pas les 8 secondes !

Une étude menée par Microsoft en 2015 auprès de 2000 personnes, complétée d’un électroencéphalogramme ayant permis de mesurer l’activité cérébrale de 112 autres cobayes, a révélé que notre capacité d’attention ne cesse de se réduire.

En 2000, une autre étude identique a révélé que l’humain moyen maintient une durée d’attention de 12 secondes. Aujourd’hui, la durée d’attention de l’humain moyen n’est plus que de 8 secondes. .

La psychologie explique le phénomène. Notre cerveau est fortement influencé par l’émotion qui s’active lorsque nous sommes confrontés à un évènement. Plus précisément, l’IRM montre que deux zones de notre cerveau sont mises en compétition pour influer sur notre comportement en nous imposant de choisir, soit des récompenses à court terme, soit des objectifs à long terme.

Et devinez qui gagne le plus généralement ? La gratification instantanée, évidemment ! Or, celle-ci est pilotée par nos émotions, ce qui nous laisse peu de choix et ne nous rend pas susceptibles de considérer logiquement nos décisions. Et les technologies, entrées dans l’ère de l’immédiateté voire du temps réel, ne nous arrangent pas. Elles expliquent en partie pourquoi l’étude de Microsoft en 2015 affiche une telle différence par rapport à celle de 2000 !


L’abus de technologie réduit progressivement notre capacité d’attention. Par contre, l’apprentissage d’un ou plusieurs alphabets différents permet de compenser ce phénomène.

Ce n’est pas pour rien qu’avant, on apprenait le grec à l’école. La question légitime qui se pose est : la disparition du latin et du grec dans nos écoles a-t-elle été programmée ? Certains pensent que c’est le cas et ne se gênent pas pour le dire :

Un des peuples les moins cultivés de la planète est le peuple étatsunien, même si une élite très minoritaire existe. Ce sont les citoyens étatsuniens les plus lucides qui font les premiers ce constat, avec beaucoup de sens critique, faits, chiffres et statistiques à l’appui. Nous marchons donc sur leurs traces avec la disparition programmée du latin et du grec dans nos écoles.

Ceux qui nous gouvernent veulent transformer un peuple indiscipliné et qui a fait jadis bien des révolutions, en un troupeau de moutons de Panurge décervelés, incapables de réfléchir par eux mêmes et soumis aux « lois du marché » !

De l’empathie à la multidimensionnalité

L’utilisation des langues est sans doute l’une des activités les plus complexes que les humains apprennent à faire. Et le fait de devoir gérer plusieurs langues a été associé à des avantages cognitifs dans de nombreuses études.

Plusieurs études ont montré que les bilingues sont plus performants dans les tâches de contrôle exécutif, par exemple dans les activités où les participants doivent se concentrer sur des informations contre-intuitives. D’autres études ont démontré une capacité d’attention accrue lors de l’apprentissage d’un alphabet différent.

L’attention est la matrice dans laquelle viennent se réunir les éléments du psychisme pour constituer un ensemble cohérent. – Wilfred Bion, pionnier de la psychothérapie de groupe.

Par exemple, l’attention que la mère (l’adulte) dirige vers son enfant lui permet de recevoir les messages qu’il lui adresse. Communication, accordage, partage affectif se jouent ici. Il est question d’apprentissage de l’empathie.

On peut définir l’empathie comme une attitude et un comportement d’attention et d’intérêt porté aux autres. On dit aussi que c’est la capacité à se mettre à la place de l’autre. Elle se traduit par des comportements d’écoute active, d’observation, de questionnement de découverte et de validation. L’empathie est une aptitude au départ mais c’est l’éducation qui va permettre à l’enfant de la cultiver. Il est certain que le manque d’amour dans l’enfance et la violence au quotidien inhibent cette capacité à reconnaître les émotions et engendre différentes sortes de psychoses.

Pour Wilfred Bion, la psychose se définit par « la capacité de déliaison et d’attaque des liens en particulier au sein de l’activité de penser, expulsant dans l’acte ou dans la réalité extérieure le matériel psychique non intégré ».

Wilfred Bion nous indique où se trouve le problème de notre génération : la déliaison…

Pourrait-on conclure qu’outre une augmentation significative de l’attention, l’apprentissage d’un alphabet différent développe notre capacité innée d’empathie ?

Pas seulement ! Il existe un univers multidimensionnel dans le cerveau humain.

Il semble que l’effort cognitif généré par l’apprentissage d’un alphabet différent force notre capacité de liaison et engendre une plus grande facilité à changer de paradigme. Notre esprit devient de plus en plus conscient de sa propre multidimensionnalité.

Le cerveau humain peut créer des structures jusqu’à 11 dimensions, selon les scientifiques.

Ces dimensions, en revanche, ne sont pas perçues au sens traditionnel. La façon dont le cerveau traite l’information fait l’objet d’une étude sur la manière dont le cerveau « stocke » ses souvenirs, et la conclusion de cette étude affirme que ce peut-être dans une cavité multidimensionnelle.

Les scientifiques ont découvert que les structures cérébrales sont créées lorsqu’un groupe de neurones – des cellules qui transmettent des signaux dans le cerveau – forment quelque chose appelé clique. Chaque neurone est connecté de manière unique à tous les autres neurones du groupe, créant un nouvel objet. Plus il y a de neurones dans une clique, plus la « taille » de l’objet est grande.

« L’apparition de chaque cavité multidimensionnelle lorsque le cerveau traite l’information signifie que les neurones du réseau réagissent aux stimuli de manière très organisée »

« C’est comme si le cerveau réagissait à un stimulus en construisant puis en rasant une tour de blocs multidimensionnels, en commençant par des bâtonnets (1D), puis des tables (2D), puis des cubes (3D), puis des géométries plus complexes avec 4D, 5D, etc. La progression de l’activité dans le cerveau ressemble à un château de sable multidimensionnel se matérialisant à partir du sable puis se désintégrant. » – Ran Lévi, Université d’Aberdeen.

La physique quantique nous amène à concevoir notre monde matériel non plus comme une conjonction de corps inertes, solides et séparés, mais comme un vaste réseau de champs d’énergie mouvants et interreliés.

Le vide apparaît comme un support sur lequel toute l’information présente dans l’univers est « mémorisée ». Pour divers chercheurs, notre cerveau serait davantage une antenne réceptrice qu’un lieu de stockage de la mémoire qui, elle, serait délocalisée dans le champ.

« Des expériences montrent qu’en permanence, le plus souvent à notre insu, nos cellules sont traversées d’informations. Tout se passe comme s’il existait “ailleurs” un grand réservoir d’informations, décrivant la totalité de l’univers et de ses possibles, partagé par nos consciences à la manière d’un cloud. Ce qui peut expliquer les phénomènes intuitifs et notre capacité à percevoir des choses éloignées dans le temps et l’espace », précise Morvan Salez, docteur en astrophysique et ancien chercheur au CNRS.

Denis Bédat ajoute : « Notre interconnexion avec le champ est bien réelle, elle s’étend même à tout ce qui vit, mais nous n’avons simplement pas été éduqués à la cultiver. » Ainsi, de plus en plus de scientifiques avancent que tous les processus cognitifs humains supérieurs résultent d’une interaction avec le champ.

Et nous disons aujourd’hui que l’apprentissage, dans l’enfance, d’un ou plusieurs, alphabets différents nous propulse vers la compréhension consciente de notre multidimensionnalité innée, développe l’empathie et génère une capacité de concentration accrue.

Est-ce la raison pour laquelle Israël est devenue La Start-Up Nation ? Peut-être… Puisque tous les enfants apprennent simultanément à l’école, l’alphabet hébreu et l’alphabet latin

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