Mythes & Légendes

Un groupe de petites fées vivaient recroquevillées dans leur maison sous les racines d’un Chêne géant

Une histoire des fées de Yule.

Il était une fois… Un groupe de petites fées qui vivaient recroquevillées dans leur maison sous les racines profondes d’un Chêne géant. Elles étaient en sécurité et bien au chaud dans leur grotte minuscule, bordée de duvet de pissenlit, de plumes d’oiseaux et de mousse séchée. Dehors, le vent soufflait fort et la neige tombait doucement, couvrant le sol.

— « J’ai vu le Roi Soleil aujourd’hui ! » dit la fée nommée Rose. « Il avait l’air si vieux et si fatigué ! Il s’en allait doucement vers la forêt. Mais qu’est-ce qui lui arrive ? »

— « Le grand Chêne dit qu’il est en train de mourir » répondit Jonquille.

— « Mourir ? Oh, mais qu’allons-nous faire maintenant ? » commença à pleurer Petite Herbe des Prairies. « Si le Roi-Soleil meurt, nos amies les plantes ne pousseront plus. Et les oiseaux ne viendront plus chanter à nos fenêtres. Se sera à jamais l’hiver… ! »

Lilas, Pissenlit et Fleur de Sureau, tentèrent de réconforter leur amie, mais elles étaient tellement tristes elles aussi. Tout à coup, quelqu’un frappa à la porte.

— « Fées, Ouvrez ! » cria une voix forte. « Pourquoi vous cachez-vous, au lieu de nous rejoindre dans notre célébration du Solstice ? »

Rose ouvrit la porte et un petit gnome « Marron Noueux » se glissa à l’intérieur, secouant les flocons de neige étincelants de son habit brun et de son chapeau.

— « Nous sommes trop tristes pour faire la fête ! » déclara Jonquille, en essuyant ses yeux. « Le Roi Soleil se meurt, n’en avez-vous pas entendu parler ? »

— « Il n’est pas mort ! » répondit Marron Noueux en riant. « Maintenant, dépêchez-vous, ou nous allons être en retard à la fête ! »

— « Comment pouvez-vous rire et être si heureux ? » Fleur de Sureau tapa par terre de son petit pied et fronça les sourcils devant le gnome. « Si le Roi-Soleil est mort, ce sera l’hiver pour toujours. Nous ne reverrons jamais plus le Soleil ! »

Marron Noueux saisit Pissenlit par la main, la tira sur ses pieds et lui murmura : « Il y a un secret niché au cœur du Solstice d’hiver. Vous ne voulez pas savoir ce que c’est ? »

Les fées le regardèrent avec étonnement. « Un secret ? Quel secret ? Nous sommes nouvelles. Nous n’avons jamais été à une fête du Solstice avant. Raconte-nous ! »


— « Venez et voyez ! Mettez vos caps et venez avec moi. » Marron Noueux se mit à danser la gigue et à chanter : « Vite, vite ! Au Bosquet du Chêne Sacré ! » Puis, sur le pas de la porte, il disparut.

— « Qu’est-ce que ce gnome a voulu dire ? » demanda Rose.

— « Je ne sais pas ! Mais notre Déesse vit dans les bois. Peut-être que si nous allons la voir, elle pourra nous expliquer ce dont Marron Noueux parlait » répondit Fleur de Sureau.

Les fées quittèrent leur douillette petite maison et marchèrent péniblement dans la neige, en direction du Chêne Sacré. La forêt était sombre et Dame la Lune était leur seule guide. Sur le chemin, elles rencontrèrent un renard.

— « Où allez-vous, petites fées ? » demanda le renard.

— « Au bois sacré » répondirent-elles, grelottantes et frissonnantes.

— « Montez sur mon dos et je vous y emmènerai rapidement. » Le renard se mit à genoux, de sorte que les fées puissent grimper. Puis il courut à travers l’obscurité.

— « Écoutez ! » dit Lilas. « Des personnes chantent ! »

La belle et douce musique repoussait l’air froid et nimbé le clair de lune. C’était la plus belle musique que les fées n’avaient jamais entendu. Le renard emmena les fées tout droit au bord de l’autel de pierre, au centre du bosquet, puis il se mit à genoux.

— « Regardez ! » dit Fleur de Sureau « Il y a là : la Jeune Fille, la Mère et l’Ancienne. Et aussi beaucoup d’autres personnes du Petit Peuple »

— « Ils sont tous souriants et heureux » déclara Lilas, en regardant toutes les créatures autour d’elle.

— « Tous les animaux de la forêt sont là eux aussi. » chuchota Pissenlit.
« Pourquoi regardent-ils tous la Mère ? »

Les fées se rapprochèrent des trois dames assises sur l’autel. La Mère tenait un gros paquet dans ses bras, à qui elle souriait. La Jeune Fille se pencha et prit doucement les fées dans ses mains. Elle les posa délicatement tout près de la Mère, afin qu’elles puissent voir ce qu’elle tenait.

— « Un bébé ! » s’écrièrent les fées. « Un nouveau bébé ! Regardez comme il brille ! »

— « Il est le nouveau-né Roi Soleil » déclara la Jeune Fille en souriant.

— « Mais le vieux Chêne nous a dit que le Roi Soleil était mort ! Comment ce petit bébé peut-il être le Roi Soleil ? » lui répondirent les fées.

— « Voilà le grand secret du Solstice d’Hiver ! » L’Ancienne, la Sage, caressa la joue du bébé avec sa main et dit : « Chaque année, le Roi-Soleil doit venir dans le bois sacré pendant les jours sombres de l’hiver, où il meurt. J’amène son esprit à la Mère, qui lui donne à nouveau une nouvelle vie. C’est le passage de toutes les créatures, pas seulement du Roi-Soleil. »

— « Vous voulez dire que tout vit et meurt et vit à nouveau ? » dit Lilas. Toutes les fées regardèrent avec stupeur vers l’enfant Roi Soleil, niché dans les bras de la Mère.

— « Oui, Petites », répondit la Vieille Sage. « Il n’y a jamais une fin à la vie. C’est le grand secret mystique du Solstice d’hiver. » Les fées rirent tellement, elles étaient si heureuses !

— « Je lui montrerai où les roses sauvages fleurissent au début de l’été. » s’écria Rose.

— « Et, je lui apprendrais à appeler les oiseaux et écouter les chansons du vent » ajouta Pissenlit.

— « Quand il sera plus âgé et plus fort » dit la Mère « Alors les fleurs s’épanouiront à son contact, les oiseaux seront de retour pour chanter leurs chansons et le souffle de l’air sera plus chaud. L’hiver sera parti pour un temps et le Roi Soleil pourra à nouveau courir et jouer avec vous dans la forêt. »

Les fées chantèrent pour le Bébé Roi Soleil. Des chants pour la venue du printemps, les fleurs, les abeilles endormies et tous les secrets de la forêt. Toutes les créatures du bois sacré chantèrent avec elles. Alors le renard les ramena à leur petite maison sous les racines du Chêne géant, où elles firent de merveilleux rêves, en attendant le printemps et le plaisir qu’elles auront, quand le petit Roi-Soleil sera bien grand.

Auteur Inconnu



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